Une belle rencontre...03 03 2026
Christophe, tu es directeur de PaQ’la Lune. Et tu as bénéficié du programme P'INS il y a 2 ans. Je crois savoir que tu as également bénéficié d'autres programmes d'accompagnement au niveau régional notamment. Qu'est-ce que P'INS t'a apporté ?
[Christophe Chauvet]
"Comme beaucoup de dispositifs, P'INS est très complet et ultra-dynamique : une promo de porteurs de projets pour s'enrichir mutuellement, un transfert de savoir-faire pour s'inspirer de l'expérience d'anciens lauréats, des ressources et des professionnels de l'accompagnement. Mais il y a des petits plus qui sont top : un budget pour activer des experts. Je peux citer en exemple le recours à une avocate en droit social pour muscler sa fonction "employeur". Dans les plus, il y a également la production d'un livrable pour synthétiser 9 mois d'émulation. Et bien évidemment, une dotation financière pour prendre le temps de construire sa stratégie d'essaimage."
Quel est l'intérêt pour toi de la communauté des alumnis ?
"J'apprécie vraiment de retrouver les anciens Alumnis chaque année. Il y a ceux de ma promo et les plus anciens avec qui on peut prendre le temps de partager des expériences. Il y a la découverte des nouveaux projets. Ces rendez-vous illustrent à chaque fois la créativité, la richesse et la formidable capacité d'innovation sociale qui démontre l'agilité de l'ESS dans un monde où les solutions doivent se réinventer en permanence."
Léa, tu es chargée de mission à la Fondation d’entreprise. Tu as notamment en charge le programme P'INS. Comment P'INS s'inscrit dans l'accompagnement que peut faire la Fondation Macif ?
[Léa Monfort]
"Depuis plus de 30 ans, la force de la Fondation Macif réside dans l’articulation entre son ancrage territorial et sa portée nationale. Au niveau local, grâce à l’implication d’élus de sociétaires Macif et à la présence de chargés de mission en région, nous pouvons découvrir des pépites. Certaines d'entre elles, celles qui souhaitent grandir, peuvent également être accompagnées et financées au niveau national.
Mais nous avons vite compris que se développer sur de nouveaux territoires était souvent compliqué pour ces associations et que cela nécessitait un accompagnement particulier. C’est pourquoi nous nous sommes rapprochés de l’Avise pour créer ensemble le programme P’INS, complémentaires des soutiens en région et au national.
Après 11 ans d'exercice, ce programme est progressivement devenu un incontournable dans nos dispositifs d'accompagnement."
As-tu un moment fort à nous raconter concernant la dernière promotion ?
"Le 27 mai 2025, nous avons célébré les 10 ans du programme P'INS. En compagnie d’une centaine d’invités, dont Maxime Baduel, délégué ministériel à l'Économie Sociale et Solidaire à l'époque, Jean-Louis Grosse-Delasalle, président de la Macif, Jean-Philippe Dogneton, directeur général de la Macif et Cécile Leclair, directrice générale de l'Avise, nous avons pu réunir de nombreux partenaires et bien sûr, les alumnis du programme !
C’était un très beau moment de convivialité qui nous a permis de célébrer et de faire un bilan des dix premières années du programme et d’imaginer les dix prochaines.
Mélanie, tu es également chargée de mission - mais à l'Avise, cette agence d'ingénierie avec qui la Fondation Macif a construit le programme P'INS. Peux-tu nous dire quels sont les principaux chiffres clés liés à l'impact du programme et comment celui-ci évolue t'il ?
[Mélanie Joffret]
"Depuis un peu plus de dix ans, on avance pas à pas avec les structures que l’on accompagne, et les chiffres racontent assez bien le chemin parcouru. 81 structures sont passées par le programme : derrière ce nombre, il y a surtout des équipes qui ont pris le temps de structurer leur développement et d’oser voir plus grand.
Quand on regarde ce qu’elles deviennent, on voit que ça bouge vraiment. En moyenne, les alumni P’INS touchent aujourd’hui cinq fois plus de bénéficiaires qu’à leur arrivée dans le programme. Ce n’est pas juste de la croissance pour la croissance : c’est plus de personnes aidées, sur plus de territoires, avec des projets à forte utilité sociale. Même chose côté équipes : les structures ont en moyenne triplé leur nombre de salariés. Cela dit quelque chose de leur solidité et de leur capacité à durer.
Et puis il y a ce que les chiffres montrent un peu moins, mais que l’étude d’impact confirme : les structures ressortent mieux armées pour réaliser leurs ambitions. Plus au clair sur leur stratégie, plus confiantes dans leurs choix, mieux outillées pour franchir des caps. En bref, le programme ne fait pas à leur place, mais il leur donne les moyens d’aller là où elles voulaient aller."
As-tu une anecdote à nous raconter sur le programme P'INS ?
"Un moment fort qui me revient, c’est la journée de fin de parcours, organisée six mois après la sortie du programme, en novembre dernier. On l’a mise en place assez simplement parce que plusieurs alumni nous avaient dit la même chose : une fois P’INS terminé, ils pouvaient se sentir un peu livrés à eux-mêmes. Et en même temps, il y avait cet esprit de promo très fort, l’envie de garder le lien, de se retrouver, de voir où chacun en est.
On s’est donc dit qu’on allait tester un nouveau format : une journée de retrouvailles entre nouveaux alumni, avec des financeurs invités pour échanger. Rien de très figé, plutôt un espace de discussion.
Ce qui était vraiment chouette, c’était de voir le chemin parcouru en quelques mois. Des structures plus au clair, plus posées, capables de raconter leurs avancées, leurs doutes aussi, mais avec plus d’assurance. Les échanges avec les financeurs étaient francs, simples, utiles. On a senti que ça répondait à un vrai besoin. Voir que ce format fonctionne, que les gens en ressortent contents et reboostés, ça nous a donné envie de le refaire."